Pour que manger reste un plaisir

Manger constitue un besoin vital et influence notre santé physique. Mais c’est aussi une source de plaisir, de convivialité et d’échanges, qui contribue à la qualité de vie. Mais qu’en est-il lorsque la maladie d’Alzheimer ou une autre forme apparentée vient altérer la capacité à se nourrir, transformant l’usage des couverts, la mastication ou la digestion en obstacles majeurs ? Quelles astuces pratiques existe-t-il pour susciter l’envie de manger et faciliter la prise des repas ? Permettre à la personne de se nourrir de la manière la plus autonome possible en fait partie. Cela renforce en outre son estime de soi.

Voici quelques pistes pour que manger reste un plaisir pour votre proche malade et vous-même.

  • Soigner la présentation
    On mange aussi avec les yeux, c’est connu. Des mets bien présentés contribuent à mettre en appétit.

  • Jouer avec les odeurs
    Un fumet délicieux, un parfum qui rappelle un plat préféré, une senteur évoquant l’enfance…
    Les odeurs stimulent le nez, mais aussi l’appétit !

  • Préparer une table adaptée
    Une table dressée agréablement incite à s’y asseoir. Il faut toutefois veiller à éviter tout couvert ou objet superflus, sous peine d’embrouiller la personne ou de détourner son attention de l’assiette.

  • Donner un mode d’emploi
    Nommer les aliments qui se trouvent sur l’assiette, présenter les couverts en décrivant leur usage puis en montrant comment les utiliser permet à la personne malade de vous prendre en exemple et d’imiter vos gestes.

  • Apporter une aide ciblée
    Assister les gestes de la personne uniquement là où elle en a besoin favorise son autonomie. Selon les difficultés observées, vous pouvez lui proposer de l’aider à couper les aliments, les piquer sur la fourchette voire accompagner vers la bouche la main tenant la fourchette. Cette aide peut stimuler la personne à continuer toute seule.

Le manger-mains, ou quand les couverts sont de trop

A un certain stade de la maladie, il est parfois plus facile pour la personne de manger sans couverts – soit pour des questions de motricité, soit parce qu’elle ne sait plus à quoi servent un couteau et une fourchette. Dans ce cas, laisser son proche malade se nourrir avec les doigts, c’est lui permettre de rester autonome. Par ailleurs, le contact avec les aliments stimule les sens et l’appétit. 

Ce « manger-mains », comme on l’appelle, est donc une expérience positive pour la personne malade, même s’il oblige son entourage à surmonter certains blocages. Pour faciliter les repas, il suffit de préparer les aliments sous forme de bouchées faciles à saisir avec les doigts : bâtonnets de légumes, rondelles de saucisson, petits morceaux de fruits, carrés de fromage, etc. 

Soucieuses de favoriser l’acceptation de ce manger-mains auprès d’un plus large public, Alzheimer Vaud et l’Association pour la recherche et la promotion en établissements gérontopsychiatriques (ARPEGE) ont publié un livre sur le sujet (voir encadré ci-dessous) et ont organisé le premier concours culinaire destiné au manger-mains ainsi qu’aux textures modifiées (voir encadré ci-dessous).

- Concours culinaire « Papilles en fêtes »

- Fiche pratique éditée par Alzheimer Suisse « Alzheimer et alimentation »